Faut-il dire les étapes d’une procédure pour les apprendre ?

Une équipe de chercheurs a fait une expérience pour voir si le fait de nommer des informations aidaient à l’apprentissage. Ainsi, on a constitué deux groupes qui étaient’ d’une part, des spécialistes en oenologie et, d’autre part, des amateurs. On a présenté des vins à chaque groupe qu’on avait subdivisé en deux sous-groupes. On avait d’un côté ceux à qui on demandait de décrire les vins qu’ils buvaient, alors que l’autre sous-groupe devait se contenter d’y goûter. Par la suite, on présentait à nouveau les vins à chaque groupe. Chez les spécialistes, le fait de donner des détails sur les vins les ont aidé à les reconnaître. Par contre, chez les amateurs, les performances étaient moins bonnes s’ils avaient essayé de décrire les vins. Les chercheurs font l’hypothèse que si on n’a pas le vocabulaire et les connaissances pour décrire quelque chose, on devrait s’en tenir à ses sens pour mémoriser. Une autre expérience où les gens apprenaient à faire des coups roulés au golf va dans le même sens et il semble que si on apprend une procédure, il est préférable au préalable de poser les gestes sans insister sur la parole ou la lecture qui activent des zones précises du cerveau et qui nuisent alors à la mémorisation des sens.

La conclusion des chercheurs est donc que les apprentissages pour des débutants se fera mieux si on s’en tient plus aux sensations et moins aux mots.

Didierjean, A., Maquestiaux, F., Defrasne, É. & Chauvel, G. (2012). Apprendre sans mots. Cerveau & psycho, 1 (53), 48-53.

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