Quel est le point commun entre être atteint de surdité ou de dyslexie ?

Plusieurs études ont déjà fait le lien entre les problèmes au niveau du traitement phonologique et la dyslexie. Des chercheurs se sont demandés s’il y avait quelque chose en commun avec les personnes atteintes de surdité.

On a comparé trois groupes de sept personnes. Le premier groupe est composé de personnes qui sont sourdes de naissance mais qui ont une bonne maîtrise de la lecture. Le deuxième groupe est composé de personnes qui ont été diagnostiqués comme étant dyslexique qui ont acquis des habiletés en lecture avec des programmes de travail au niveau phonologique. Finalement, le troisième groupe est composé de personne qui n’ont aucun diagnostic de dyslexie ou de surdité et qui lisent bien. On a donc trois groupes qui lisent bien mais avec un historique différent.

Pour voir comment leur cerveau traitait la phonologie, on leur a proposé une expérience où on leur présente deux images et on leur demande si les mots représentés par ces images riment. Il a été décidé de présenter des images pour éviter de faire appel à l’orthographe. De plus, on a aussi pris soin de choisir des mots qui riment sans avoir la même graphie. L’expérience a été faite en anglais et par exemple, on présentait l’image d’une chaise et d’un ours (chair-bear) qui riment avec une graphie différente.

En observant les zones cérébrales plus actives, on remarque dans les deux premiers groupes une région du cortex préfrontal dorsolatéral gauche. Ils utilisent le pars triangularis dans le gyrus frontal inférieur. Les chercheurs en viennent à la conclusion que chez les gens qui ont des difficultés au niveau phonologique (à cause d’une dyslexie ou d’une surdité), c’est cette région du cortex préfrontal qui prend la relève.

On a constaté que pour prendre la décision à savoir si deux mots riment, sans les lire, le cerveau active le gyrus fusiforme moyen qu’on associe avec la forme visuelle des mots. Chez les personnes atteintes de surdité, cette région est moins active laissant penser que le lien entre l’orthographe des mots et leur phonologie est moins solide chez eux.

MacSweeney, M., Brammer, M.J., Waters, D. & Goswami, U. (2009). Enhanced activation of the left inferior frontal gyrus in deaf and dyslexic adults during rhyming. Brain, 132, 1928-1940.

http://dx.doi.org/10.1093/brain/awp129